Artiste visuel · Sherbrooke, Québec
Visual Artist · Sherbrooke, Québec
Je dessine depuis que je suis enfant. C'est quelque chose qui a toujours été là — un crayon, une feuille, et le monde qui se transforme sous mes doigts. Adolescent, c'est Salvador Dalí qui m'a ouvert les yeux : l'idée qu'on pouvait représenter l'invisible, plier la réalité, inventer des images qui n'existaient nulle part ailleurs. J'ai passé des années à peaufiner mon trait, à observer, à chercher ce que le dessin pouvait dire de plus profond que les mots.
La peinture est arrivée en 2005, comme un nouveau langage. Claude Monet et la richesse de sa lumière m'ont servi de guides. J'ai appris seul — par l'expérimentation, par les erreurs, par des heures passées dans les musées à regarder la matière de près. J'ai exploré l'aquarelle, l'acrylique, l'huile, le pastel, le collage. Chaque médium a sa voix. Je continue de les écouter, vingt ans plus tard.
Mon travail a évolué avec moi. Les portraits et paysages de mes débuts m'ont mené vers l'abstraction — non pas en rupture, mais comme une suite naturelle. La figuration m'a appris à observer; l'abstraction m'a appris à ressentir. Aujourd'hui, les deux cohabitent dans mes toiles. Une oeuvre comme Moment Muet, peinte en glacis à l'huile, vit dans le silence de la figuration classique. D'autres, comme Ouvrir la joie ou L'été en tout temps, naissent du geste libre, de la couleur qui parle avant l'image.
Ce qui m'habite comme artiste, c'est la joie, la présence, le lien entre les êtres. Les titres de mes oeuvres le disent mieux que n'importe quelle explication : Confiance, Certitude, Détermination, Empersonnalisation. Ce sont des états intérieurs que je cherche à rendre visibles — pas à illustrer, mais à faire ressentir.
Mon processus alterne entre deux modes. Parfois, je travaille en couches lentes — des glacis, de la patience, une image qui se révèle sur des semaines. D'autres fois, c'est l'urgence du geste, des mélanges chromatiques improvisés, une toile qui se termine en une seule session. Je fonctionne beaucoup par séries : une couleur, un mouvement, une idée qui m'habite, et je l'explore jusqu'à la comprendre. La nature et les longues heures passées dehors nourrissent tout ça — la lumière, les textures, les atmosphères qui finissent par se déposer sur la toile.
Je suis aussi massothérapeute. Ce n'est pas un hasard. Le corps, la sensation, l'attention portée à l'autre — tout ça nourrit ma peinture. Il y a un fil entre toucher et peindre : la même écoute, la même présence. En parallèle, je poursuis un baccalauréat en arts visuels à l'UQTR, parce qu'après vingt ans de pratique, j'ai envie de pousser plus loin, de me frotter à d'autres regards, de continuer à me surprendre.
Au fond, je peins pour la même raison que je dessinais à dix ans : parce que c'est la manière la plus honnête que j'ai trouvée d'être au monde.
I've been drawing since I was a child. It was always there — a pencil, a sheet of paper, and the world transforming under my fingers. As a teenager, Salvador Dalí opened my eyes: the idea that you could represent the invisible, bend reality, create images that existed nowhere else. I spent years refining my line, observing, searching for what drawing could say beyond words.
Painting came in 2005, like a new language. Claude Monet and the richness of his light were my guides. I learned on my own — through experimentation, through mistakes, through hours spent in museums studying the texture of paint up close. I explored watercolour, acrylic, oil, pastel, collage. Each medium has its own voice. I'm still listening, twenty years later.
My work has evolved with me. The portraits and landscapes of my early years led me to abstraction — not as a break, but as a natural progression. Figuration taught me to observe; abstraction taught me to feel. Today, both coexist in my paintings. A work like Moment Muet, painted in oil glazes, lives in the silence of classical figuration. Others, like Ouvrir la joie or L'été en tout temps, are born from the free gesture, from colour speaking before the image.
What drives me as an artist is joy, presence, connection. The titles of my works say it better than any explanation: Confiance, Certitude, Détermination, Empersonnalisation. These are inner states I try to make visible — not to illustrate, but to make felt.
My process shifts between two modes. Sometimes I work in slow layers — glazes, patience, an image that reveals itself over weeks. Other times, it's the urgency of gesture, improvised colour blends, a canvas finished in one session. I tend to work in series: a colour, a movement, an idea that stays with me, and I explore it until I understand it. Nature and long hours spent outdoors feed everything — light, textures, atmospheres that eventually settle onto the canvas.
I'm also a massage therapist. That's not a coincidence. The body, sensation, attentiveness to another person — all of this feeds my painting. There's a thread between touch and painting: the same listening, the same presence. Alongside this, I'm pursuing a Bachelor's degree in Visual Arts at UQTR, because after twenty years of practice, I want to push further, encounter other perspectives, and keep surprising myself.
At the core, I paint for the same reason I drew at ten years old: because it's the most honest way I've found to be in the world.
Danny Marchand grandit à Varennes puis Saint-Amable, en banlieue de Montréal. Il dessine depuis l'enfance — c'est au secondaire, dans un programme à concentration artistique, que le geste devient sérieux. L'adolescent passe ses heures devant les feuilles, fasciné par l'ingéniosité de Dalí, à peaufiner son trait et à chercher ce que le dessin peut dire de plus que les mots.
En 2005, il commence à peindre. Autodidacte, il apprend en fréquentant les musées et les galeries, en observant de près la matière, la lumière, la couleur sur les toiles des autres. Il explore l'aquarelle, l'acrylique, l'huile, le pastel, le collage — chaque médium lui ouvre un langage différent. La nature, qu'il arpente longuement, nourrit autant ses atmosphères que ses thèmes.
Depuis 2008, il expose régulièrement : au Musée Beaulne de Coaticook, à la Galerie 1040 et au Bagel St-Viateur à Montréal, à L'Atelier(s) en Belgique, à la Librairie Appalaches et à La Chasse-Galerie à Sherbrooke, entre autres. En 2010, il reçoit le prix Coup de coeur du public et une mention honorifique du jury au concours Vocation en Art!.
Établi à Sherbrooke depuis plus d'une décennie, il poursuit aujourd'hui un baccalauréat en arts visuels à l'UQTR — après vingt ans de pratique, il avait envie de se frotter à d'autres regards. En parallèle, il travaille comme massothérapeute, un métier qui partage avec la peinture la même écoute, la même attention au corps et à la présence.
Danny Marchand grew up in Varennes and then Saint-Amable, suburbs of Montreal. He has been drawing since childhood — it was in high school, in an arts concentration program, that the practice became serious. As a teenager, he spent hours in front of paper, fascinated by Dalí's inventiveness, refining his line and searching for what drawing could say beyond words.
In 2005, he began to paint. Self-taught, he learned by visiting museums and galleries, studying material, light and colour up close on other artists' canvases. He explored watercolour, acrylic, oil, pastel, collage — each medium opening a different language. Nature, which he spends long hours in, feeds his atmospheres as much as his themes.
Since 2008, he has exhibited regularly: at the Musée Beaulne in Coaticook, at Galerie 1040 and Bagel St-Viateur in Montreal, at L'Atelier(s) in Belgium, at Librairie Appalaches and La Chasse-Galerie in Sherbrooke, among others. In 2010, he received the audience's Coup de coeur award and an honourable mention from the jury at the Vocation en Art! competition.
Based in Sherbrooke for over a decade, he is now pursuing a Bachelor's degree in Visual Arts at UQTR — after twenty years of practice, he wanted to encounter other perspectives. Alongside this, he works as a massage therapist, a profession that shares with painting the same attentiveness, the same awareness of the body and of presence.